VSME : Un standard stratégique du reporting durable pour les entreprises

 

Matthieu GARAT
Responsable de BU ESEF / ESG chez Amelkis

 

 

Publié le 02/10/2025

À retenir

  • VSME : Voluntary Sustainability Reporting Standard for non-listed SMEs, norme européenne de reporting durable volontaire pour les entreprises non cotées
  • Conçu par l’EFRAG, aligné sur les normes ESRS/CSRD, dans une version proportionnée et simplifiée
  • Deux modules : base (11 exigences clés) et complet (niveau avancé)
  • Objectif : renforcer la comparabilité et la transparence dans la chaîne de valeur
  • Intérêt stratégique : outil de préparation à la CSRD et de fiabilisation des données fournisseurs
  • Bénéfices : transparence, compétitivité, accès aux financements responsables et anticipation réglementaire

Qu’est-ce que la norme VSME ?

La VSME (Voluntary Sustainability Reporting Standard for non-listed SMEs) est une norme européenne volontaire, élaborée par l’EFRAG, pour permettre aux PME non cotées d’adopter une mérache de reporting durable structurée. Elle propose un cadre volontaire de reporting durable, conçu pour les entreprises non cotées, en particulier celles qui ne relèvent pas directement de la CSRD.

Son objectif est d’offrir une méthode claire et proportionnée pour structurer la collecte et la publication d’informations extra-financières liées aux critères ESG. Contrairement à la CSRD, qui impose un cadre strict et obligatoire, la VSME se veut plus souple, avec des exigences adaptées et modulables.

Pour les grands groupes, est loin d’être anecdotique : la fiabilité de leur propre reporting extra-financier dépend de la qualité des données transmises par leurs filiales et leurs fournisseurs. En normalisant ces informations, le VSME fluidifie la chaîne de valeur et réduit les écarts de granularité entre les entités.

Cette norme s’inscrit dans un mouvement plus large : rapprocher progressivement les pratiques de reporting des entreprises de toutes tailles pour renforcer la transparence et permettre une lecture plus homogène de la performance durable à l’échelle européenne.

 

Qui est concerné – et pourquoi les grands groupes doivent s’y intéresser

Officiellement, la norme VSME s’adresse officiellement aux TPE, PME et entreprises non cotées de moins de 1 000 salariés. Son adoption est volontaire et vise à structurer le reporting durable de celles qui n’entrent pas dans le champ de la CSRD.

Mais l’enjeu dépasse les PME :

  • Pour les grands groupes soumis à la CSRD, la fiabilité de leur reporting dépend des informations extra-financières transmises par leurs fournisseurs et partenaires.
  • La VSME devient alors un cadre commun qui facilite la collecte, harmonise les données et simplifie leur intégration dans les rapports consolidés.
  • Elle contribue aussi à renforcer la transparence dans les chaînes de valeur internationales, là où les approches RSE sont souvent hétérogènes.

En pratique, encourager ses partenaires à utiliser la VSME, c’est investir dans la qualité de son propore reporting. 

 

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VSME, CSRD et ESRS : quelles différences ?

Cadre Statut Public visé Exigences Objectif
CSRD Obligatoire Grandes entreprises, ETI cotées, certaines PME cotées (progressivement) Reporting complet et audité, basé sur les ESRS Transparence réglementaire et comparabilité européenne
ESRS Obligatoire (via CSRD) Entreprises soumises à la CSRD Normes techniques couvrant les critères ESG et la double matérialité Cadre standardisé pour le reporting durable
VSME Volontaire Entreprises non cotées < 1000 salariés Reporting simplifié, proportionné, aligné sur les ESRS Faciliter la collecte de données ESG et préparer à la CSRD

 

Les deux modules du VSME

La norme VSME est pensée de manière progressive, avec deux modules complémentaires :

  • Le module de base :

C’est le socle obligatoire du standard. Il couvre 11 exigences autour des critères ESG essentiels comme les émissions de gaz à effet de serre (Scopes 1 et 2),  la consommation d’eau, la gestion des déchets, la biodiversité, mais aussi les pratiques sociales (santé et sécurité au travail, rémunération, formation) et les aspects de gouvernance (corruption, conformité).
 

Objectif : initier un reporting structuré et comparable sans lourdeur administrative excessive.

  • Le module complet : la montée en puissance

Destiné aux entreprises plus avancées ou sous pression de leurs partenaires financiers, il ajoute 9 exigences supplémentaires. Parmi elles : la stratégie climat (objectifs de réduction carbone), l’analyse des risques ESG, les politiques de droits humains, la diversité des organes de gouvernance ou encore la transparence sur les revenus issus de secteurs sensibles (énergies fossiles, tabac, chimie…).

Objectif : répondre aux attentes des investisseurs et préparer la transition vers la CSRD. L’approche graduelle permet une plus grande flexibilité : une entreprise peut débuter avec le module de base et élargir ensuite son reporting à mesure que ses ressources et ses enjeux stratégiques évoluent.

 

Quels bénéfices concrets et quels enjeux ?

Adopter la VSME c’est un choix stratégique qui crée de la valeur à plusieurs niveaux.

  • Accès aux financements responsables : un reporting structuré facilite l’obtention de prêts verts et rassure les investisseurs qui privilégient les entreprises transparentes sur leurs indicateurs ESG
  • Compétitivité accrue : dans de nombreux appels d’offres, la capacité à fournir des données fiables sur les émissions de carbone, l’eau ou les pratiques sociales devient un critère décisif
  • Anticipation réglementaire : la VSME agit comme un tremplin vers la CSRD. Les entreprises qui la mettent en œuvre aujourd’hui réduisent le risque de rupture lorsqu’elles devront se conformer à des obligations plus strictes demain
  • Performance et gouvernance améliorée : structurer ses données ESG renforce le dialogue interne, améliore la prise de décision et crédibilise la communication externe
  • Chaîne de valeur renforcée : pour les grands groupes, la généralisation de la VSME chez leurs partenaires fiabilise la consolidation des données extra-financières, au même titre que la consolidation des comptes financiers

La VSME conditionne la capacité d’une entreprise  à sécuriser son financement, sa réputation et sa conformité future.

 

Mettre en œuvre un reporting VSME : les étapes clés

  1. Évaluer la maturité ESG
    • Diagnostic des pratiques actuelles (RSE, émissions, gestion RH).
    • Identifier si le module de base suffit ou si le module complet est pertinent.
  2. Choisir le bon module
    • Module de base : socle minimal pour initier une démarche structurée.
    • Module complet : pour répondre à des attentes accrues (banques, investisseurs, donneurs d’ordres).
  3. Collecter les données
    • Sources multiples : finances, RH, environnement, gouvernance.
    • Importance de la fiabilité : les données devront être comparables et consolidables.
  4. Analyser et produire le rapport
    • Présenter de manière claire les indicateurs retenus.
    • Veiller à la cohérence entre données ESG et données financières.
  5. Valoriser le reporting
    • L’intégrer dans la communication avec investisseurs, partenaires ou clients.
    • L’utiliser comme levier de compétitivité dans les appels d’offres.

Une mise en œuvre progressive permet de limiter la charge initiale tout en inscrivant l’entreprise dans une trajectoire cohérente de reporting durable. Pour les grands groupes, encourager cette adoption dans leur écosystème facilite la fiabilisation et la consolidation extra-financière.

 

Directive Omnibus : vers une adoption accélérée

L’adoption du VSME s’inscrit dans un cadre en constante évolution. Avec la directive Omnibus publiée en 2025, la Commission européenne a clarifié plusieurs points clés :

  • Limitation du champ d’application de la CSRD aux entreprises de plus de 1 000 salariés
  • Officialisation du standard VSME
  • Encadrement des informations pouvant être exigées des PME par leurs partenaires via le principe de value-chain cap

Ce cadre offre aux entreprises non cotées un espace sécurisé pour publier des rapports durables sans surcharge administrative, tout en garantissant aux investisseurs des données plus comparables. Ces ajustements montrent que la VSME n’est pas figée : elle pourrait évoluer vers des obligations plus larges à moyen terme, renforçant encore son rôle dans la transition vers un reporting intégré et harmonisé.

 

VSME, un levier stratégique pour préparer l’avenir

La VSME s’impose déjà comme un outil structurant pour toute la chaîne de valeur, en créant un langage commun autour des critères ESG.

Pour les organisations soumises à la CSRD, son intérêt est double : d’une part, elle facilite la collecte et l’agrégation des données extra-financières auprès des partenaires ; d’autre part, elle prépare le terrain à un reporting consolidé plus fiable, au même titre que la consolidation des comptes financiers.

En pratique, choisir d’adopter ou de promouvoir la VSME, c’est :

  • renforcer la transparence des informations extra-financières,
  • anticiper les obligations réglementaires à venir,
  • et gagner en crédibilité auprès des investisseurs et parties prenantes.

Dans un paysage où la durabilité devient indissociable de la performance financière, la VSME n’est pas une option secondaire : c’est une étape stratégique vers un reporting intégré et pérenne.

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FAQ – VSME

La norme VSME est-elle reconnue à l’international ?

Elle est conçue par l’EFRAG pour l’Europe mais s’aligne avec d’autres cadres (GRI, SASB), ce qui facilite sa compatibilité globale.

Quels secteurs sont les plus concernés par le VSME ?

Les entreprises à forte exposition environnementale (industrie, énergie, transport) sont les premières ciblées par les attentes des partenaires financiers.

Quelles différences entre VSME et questionnaires RSE classiques ?

Le VSME apporte un cadre standardisé et aligné sur les normes européennes, contrairement aux questionnaires hétérogènes imposés par les donneurs d’ordres.

Quels outils peuvent aider à appliquer la VSME ?

Des solutions de reporting ESG et de consolidation extra-financière permettent de centraliser, fiabiliser et automatiser la production des indicateurs.